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Témoignages Comment vivez-vous la fin de l’année scolaire?

Question diffusée du 21 au 28 mai 2020

Au primaire, certains élèves pourront finir leur année sur les bancs d'école. Cependant, les élèves du secondaire, les cégépiens et les universitaires poursuivent l'enseignement en ligne, et ce, peut-être pour longtemps… Pour certains, cela signifie d'abandonner des rituels importants, tels que le bal des finissants. Étudiants ou pas, comment vivez-vous cela?

Crédits photo: Jérôme Bourque - Icône


Témoignage de Pénélope

14 ans, Québec

Je suis quelqu’un qui adorait l’école, oui pour les apprentissages académiques, mais aussi pour le côté social.

Depuis que nous sommes à distance, j’ai beaucoup moins d’intérêt, et ce n’est pas parce que les profs ne se forcent pas, au contraire. C’est parce qu’il n’y a plus le côté social, on se voit derrière l’écran, mais on va s’entendre que c’est moins attrayant.

De plus, j’apprécie tellement plus la bonne vieille technique du papier/crayon… Peu importe, comme tout le monde, ou presque, je me suis fait prendre par la situation. Donc, je m’adapte au fil du temps et des enseignants. Je le gère quand même bien, mais je ne vous cacherai pas que j’ai juste le goût de sortir d’ici (ma maison) et d’aller me coller sur une amie. Je suis très émotive et en ce moment, je ne détesterais pas la présence en personne d’une amie. Par la suite, j’ai toujours eu beaucoup de facilité à l’école, donc ça va (mis à part le fait qu’on travaille avec la technologie, beurk!). Finalement, merci de prendre soin de nous et de nous demander notre avis. 🙂


Témoignage de Nathalie

48 ans, Val-d'Or

Je suis enseignante en soins infirmiers au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue.

La dernière session de nos finissantes s’est terminée de façon assez abrupte, afin de leur permettre d’aller prêter main-forte au réseau de la santé. Nous n’avons pas eu l’occasion de les voir une dernière fois.

Le 13 mars… cette dernière journée me paraît une éternité. Pas de dernière journée officielle de stage, pas de fin d’année. Pas de remise de diplôme, pas de bal de finissants. Nous avons des échanges par courriel, sans plus, pris par le tourbillon de cette fin d’année abrupte. Habituellement, la fin du parcours scolaire est l’aboutissement d’un dur travail, de réussite, de satisfaction, de fierté et d’avoir le sentiment de la «mission accomplie». Ces sentiments n’ont pas eu la chance d’être vécus et exprimés.

Malgré tout, je suis fière d’elles, ce qu’elles vivent est une expérience en soi, elles n’ont pas reculé. Elles portent fièrement l’uniforme.


Témoignage de Josée

57 ans, Varennes

Je suis enseignante au préscolaire depuis 30 ans. Jamais je n’aurais pensé terminer une année de cette façon. Je devais revoir les enfants le 25 mai. J’attendais avec impatience mes élèves. 12 élèves sur 19 revenaient en classe. Malheureusement, on en a décidé autrement.

Je pleure, je suis émotive, je les aime, ces enfants-là, et je croyais vraiment que j’allais les revoir et finir l’année avec eux, fermer la boucle…

Je souhaitais poursuivre mes rencontres avec les enfants à la maison et ceux en classe en même temps, ne serait-ce que 30 minutes par jour. Les enfants et les parents sont venus chercher le matériel cette semaine. Je vois les enfants pour la première fois depuis le 13 mars. Je me retiens de pleurer devant eux, mais les parents et moi, on pleure en silence. Il y a une brèche cette année. On comprend, on accepte. Je travaille avec des petits humains que j’aimerais prendre dans mes bras lorsque je les vois. Je me retiens… Il y a une résilience chez les enfants qui est belle à voir. Ils sont beaux, ces enfants-là!


Témoignage de Noémie

9 ans, Montréal

Je vis bien la fin de l’année, parce que pour passer l’été qui est là enfin, j’ai plein d’idées et j’ai hâte de passer du temps avec ma famille. Comme par exemple, acheter une piscine en plastique pour se rafraîchir dans la cour si on ne peut pas aller dans les piscines publiques. Par contre, je suis triste parce que je ne pourrai pas aller en Belgique pour voir la famille de ma mère. Mais je pourrai faire du vélo et d’autres activités que j’ai toujours voulu faire, par exemple: créer une chaîne YouTube et manger plein de crèmes glacées, etc. L’année prochaine, je change d’école. On va faire des travaux dans mon école. Puis, je sais que je vais revoir ma prof Julie préférée. Et je la vois encore à nos rencontres Zoom, alors, ça va bien pour moi, même si c’est comme ça maintenant. À bientôt 😎👀😘😉


Crédits photo: Marc-Antoine Hallé – Icône


Témoignage de Christine

43 ans, Alma

C’est une triste fin d’année, à ne pas pouvoir saluer mes élèves une dernière fois. Déjà, deux mois plus tard, je vois leur photo de profil Facebook et je me dis : «Ohhh ! Comme il ou elle a changé!!!!».

Je suis de l’autre côté de mon écran à leur donner des cours trois fois semaine et à vivre d’imagination: ma tannante, sourire malicieux, le bras toujours levé; ma persévérante, langue sortie, à essayer de réaliser les exercices; mon aidant, prêt à ramasser les dictionnaires…

Mon bonheur, c’est d’être avec eux en chair et en os. Ils sont mes enfants et ils me manquent. Je vis cette fin d’année anxieuse aussi que le scénario se répète l’an prochain. Suivre le rythme des technologies, c’est difficile quand on n’a pas appris à enseigner ainsi.


Témoignage de Rose

15 ans, Saint-Augustin-De-Desmaures

Difficile de rester motivé sans la présence de ses amis et des profs.


Témoignage d'Éden

17 ans, Lévis

Dans un mois aurait lieu ma graduation du secondaire. Dans un mois, les cinq années d’efforts et d’acharnement auraient porté fruit. Tellement de matins où j’aurais fait n’importe quoi pour pas avoir à me lever pour l’école. La même routine 180 jours par an, durant 5 ans. Honnêtement, cette routine me manque terriblement. Des personnes que je ne reverrai sûrement jamais. Et je n’ai même pas pu leur dire un dernier au revoir.

Jamais je n’aurais entendu la cloche une dernière fois. Mon album de finissants n’aura pas les signatures qu’il y aurait du y avoir dedans. Ma robe était prête, dans le garde-robe depuis octobre. LE moment dont une adolescente rêve toute sa vie, que la vie nous a enlevé.

Mon parcours au secondaire n’a pas été évident. Je ne me sentais pas à ma place. Comme un mouton noir. Mais en ce moment, je donnerais n’importe quoi pour y retourner. Une semaine, une journée, ou simplement une heure. Être à la cafétéria, avec mes amis, à parler et potiner et parfois chialer. Même monter six étages pour me rendre en chimie me manque. Je n’ai pas été évidente comme élève, mais les professeurs ont toujours continué à me pousser à réussir et à me motiver. Je n’ai même pas pu les remercier en personne. Étant membre de l’équipe de cheerleading, ma saison de compétition a été coupée assez rapidement. C’était notre année, notre moment. Une dernière fois dans cette équipe. Tous les rêves envolés. (…) Étant une ado de 17 ans, ce que nous voulons tous, est de sortir. Fini les souper au resto, les partys et les «nights out». C’est dur pour nous, quand notre routine était école cinq jours, et amis deux jours. On cherchait toujours à se voir et s’amuser toute la nuit. Et là, marcher à deux est devenu un risque. Ce virus a affecté les couples aussi, de tous les âges. On a l’impression que ça ne va jamais se finir. Comme si cette boucle était sans fin. En septembre, je devais entrer au cégep en techniques infirmières, et je ne sais même pas si cela sera possible. Pourtant, je pourrais aller aider ensuite, mais une session d’automne en classe n’est même pas envisagée. Honnêtement, j’ai peur, j’ai peur de l’avenir maintenant.


Témoignage de Laurie

19 ans, Baie-Comeau

Moi et mes collègues de classe étions en sortie avec une de nos enseignantes quand nous avons appris la nouvelle de la fermeture des cégeps. Nous y sommes retournés pour vider nos casiers et dire au revoir à l’endroit où nous avons passé le plus clair de notre temps durant les trois dernières années. Nous avons fini notre 3e année de cégep à distance. Nous n’avons pas eu la chance de terminer notre stage, et nous avons dû oublier le projet de notre bal de finissants.

Jamais je n’aurais imaginé que mon dernier cours au cégep serait sur une réunion Zoom. (…)


Témoignage de Valérie

38 ans, Rimouski

On a énormément allégé l’horaire. On vise le bien-être familial. On travaille un peu pour ne pas oublier et pour consolider. Mais on essaie d’utiliser le quotidien pour apprendre de façon informelle. Moi la maman, j’essaie d’instaurer un climat qui ressemble à celui des vacances, avec de petites folies. Mes enfants ne peuvent pas voir leurs amis. Ils comprennent à leur façon la pandémie. C’est-à-dire beaucoup avec leurs émotions. Alors j’essaie d’etre vigilante avec l’anxiété! Oh et!!!…Tout ce qui s’est mis en place sur le plan d’échanges via Internet est génial!!! Conférences et cours sur Zoom pour petits et grands. Ma grande a pu accéder à un club de lecture gratuit, organisé bénévolement et spontanément par une enseignante! WoW! Des cours de dessins, de BD. Ma plus jeune s’est fait un nouvel ami pour jouer aux échecs, dames et battleship sur des plateformes de jeux en ligne. Etc.! Vraiment chouette!! Alors pour nous, l’ecole, c’est relax, informel et jouer à des jeux de société et faire des LEGO. Et beaucoup de lecture!!


Témoignage de Mélodie

14 ans, Laval

J’ai dû abandonner un bon nombre de sorties, d’activités et de bénévolat. Mes objectifs sont partis en fumée. Dans ma concentration de musique, nous ne pourrons pas produire notre spectacle. Chaque matin, je me demande si je réussirai à terminer mon secondaire 2, car mon école fonctionne de façon particulière. Il est difficile d’entrer en contact avec les enseignants, et tous nous donnent énormément de tâches. Je dois installer de plus en plus d’applications pour communiquer avec eux, et répondre chaque matin à une dizaine de courriels.

Et de chez moi, confinée, je me sens extrêmement seule.


Témoignage de Laurie

22 ans, Québec

J’adore avoir eu l’occasion de finir ma session de cégep à distance! Ça m’a sauvé du temps de déplacement, du stress et des dépenses en essence.


Témoignage de Suzanne

57 ans, Deux-Montagnes

Je suis enseignante au Centre de formation continue des Patriotes. Mes élèves sont des jeunes adultes ayant une déficience intellectuelle légère. J’ai fait un montage photo d’eux, car ils voulaient dire merci à monsieur Legault.

Ils ont suivi les consignes, je suis très fière d’eux. C’est très difficile pour eux de ne pas voir leurs amis.


Témoignage de Lyane

16 ans, Blainville

Depuis le premier secondaire, j’avais hâte au bal de finissants. En septembre dernier, je me disais, c’est cette année, j’étais super excitée. Tous les moments qui accompagnent cette journée commencent dès septembre. Rencontre pour les dates, organisation des activités, magasinage de la super robe. Plus le temps avançait, plus j’étais excitée. Le 12 mars 2020 arrive, congé d’école le lendemain, «yeah, c’est le fun». Vendredi, congé deux semaines, «hum, on va devoir travailler fort à notre retour pour être prêt pour les examens». Deux semaines passent et la catastrophe tombe. Pas d’école jusqu’en mai. «Mon dieu, on ne pourra jamais reprendre tout en un mois et demie, imagine qu’on ne peut pas retourner.» Une multitude de questions. Est-ce qu’on va recommencer notre dernière année, est-ce qu’ils nous font passer, si oui, vais-je avoir assez de connaissances pour le cégep… Et notre bal… Peu à peu, on reçoit des informations qui me rassure un peu pour mon avenir. Tout d’un coup, un message de l’école pour qu’on aille chercher nos effets scolaires afin de terminer l’année en ligne.

C’est le cœur brisé et en larmes que je me rends à l’école pour la dernière fois, pas pour revoir mes amis, ni pour remercier les professeurs, juste pour aller chercher mes livres. Ce n’est pas du tout de cette façon que j’imaginais la fin de mon secondaire.

Une initiative du

Avec la collaboration de